In the United States, Donald Trump’s unbridled imperialism raises more and more questions

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/07/aux-etats-unis-l-imperialisme-debride-de-donald-trump-souleve-de-plus-en-plus-de-questions_6660816_3210.html

Posted by Folivao

3 Comments

  1. **Alors que la gestion du dossier vénézuélien laisse apparaître un certain nombre de contradictions, les intentions de l’administration à propos du Groenland suscitent l’inquiétude ou le rejet d’élus du Congrès, y compris républicains.**

    A mesure que la stupeur se dissipe, l’opération « Absolute Resolve » (« détermination absolue »), qui a conduit à la capture à Caracas, dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores, soulève de plus en plus de questions aux Etats-Unis. Pas tant à propos de la chute du président du Venezuela, considéré comme un dirigeant autoritaire et corrompu que personne ou presque ne défend outre-Atlantique ; mais si son arrestation conduite par les forces spéciales a fait l’objet d’une préparation minutieuse, la suite des événements apparaît beaucoup moins bien anticipée.

    Comment Donald Trump compte-t-il « diriger » le Venezuela à distance, alors que le régime chaviste reste aux commandes ? Son administration peut-elle continuer à opérer légalement sous le couvert de la lutte contre les trafics de drogue, qui apparaît de plus en plus comme un prétexte à l’accaparement des réserves de pétrole du pays ? Et, plus important encore, l’impérialisme débridé du président américain et de son conseiller Stephen Miller, qui ciblent aussi Cuba, la Colombie, le Mexique et surtout le Groenland, est-il désormais la stratégie officielle du pays ?

    La question du sort politique du Venezuela est symbolique des ambiguïtés de l’administration américaine. L’appareil maduriste a certes été décimé, mais ses branches demeurent bien vives. La vice-présidente, qui a été nommée temporairement à la tête de l’Etat, Delcy Rodriguez, est une chaviste convaincue. Elle est sur la liste des personnes sanctionnées par les Etats-Unis depuis 2018, tout comme son frère, Jorge, qui dirige l’Assemblée nationale.

    Le ministre de l’intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l’homme fort du gouvernement, figure pour sa part sur le document de mise en accusation pour trafic de drogue de la justice américaine, qui vaut aujourd’hui à Nicolas Maduro et à son épouse de dormir en prison à Brooklyn (New York). Une récompense de 25 millions de dollars (21,4 millions d’euros) est promise pour sa capture. Il faut ajouter à ce trio le fils unique de l’ancien président vénézuélien, député à l’Assemblée nationale, Nicolas Maduro Guerra, baptisé « Nicolasito » ou « le prince ». C’est contre lui que les charges de la justice américaine pour trafic de cocaïne semblent les plus précises.

    Interrogé sur la contradiction apparente entre l’enlèvement des époux Maduro et le fait de vouloir désormais composer avec ceux qui sont désignés comme ses complices, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, qui a été chargé de la gestion du dossier, s’est agacé, sur la chaîne CBS. « Ils se plaignent déjà de cette opération. Imaginez les protestations que nous aurions de la part de tout le monde si nous devions réellement y rester quatre jours pour capturer quatre autres personnes. »

    **L’administration Trump reste élusive**

    Autre sujet de gêne pour les responsables américains, la grâce accordée le 1er décembre 2025 par Donald Trump à l’ex-président du Honduras Juan Orlando Hernandez (2014-2022), condamné en 2024 à quarante-cinq ans de prison par un tribunal de New York pour trafic de drogue, avec un dossier extrêmement chargé. Pourquoi les Etats-Unis déchaînent-ils les enfers sur Nicolas Maduro, accusé de narcoterrorisme, tout en se montrant cléments à l’égard d’un autre dirigeant latino-américain, détenu pour les mêmes faits ?

    L’explication principale semble tenir à la sympathie éprouvée par le président américain à l’égard de Juan Orlando Hernandez, en poste à l’époque de son premier mandat, et au fait qu’il a été condamné sous la présidence du démocrate Joe Biden (2021-2025), dont Donald Trump entend défaire l’héritage, pierre par pierre. Questionné à plusieurs reprises sur le sujet durant le week-end, Marco Rubio a botté en touche, affirmant qu’il ne connaissait pas bien le dossier, lui qui est pourtant un expert de la zone.

    Selon le New York Times, les contradictions apparentes sur le dossier vénézuélien ont une explication prosaïque : l’administration américaine n’a pas vraiment d’autre choix. L’opposition locale, incarnée par la Prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, n’a pas été jugée à même d’incarner une offre politique crédible. Louée à de multiples reprises par Donald Trump, elle aurait en réalité agacé les diplomates américains, en exagérant à plusieurs reprises l’état de déliquescence du régime de Nicolas Maduro et en restant évasive sur ses plans en cas de bascule du pouvoir.

    Dans une interview accordée à la chaîne conservatrice Fox News, lundi, Mme Machado a joué son va-tout, célébrant Donald Trump et proposant de partager son prix Nobel avec lui – un honneur que le président convoite ardemment. Mais ce dernier semble avoir écarté cette option, du moins pour le moment, jugeant lors de sa conférence de presse, samedi, qu’elle n’a pas le « soutien » ni le « respect » du peuple vénézuélien.

    Dès lors, l’administration Trump demeure particulièrement élusive concernant un éventuel processus démocratique au Venezuela. Le plan à moyen terme semble être d’obtenir gain de cause, notamment sur l’accès aux réserves de pétrole pour les entreprises américaines, en faisant pression sur l’appareil chaviste avec la menace d’une deuxième intervention militaire. Mardi, Donald Trump a déclaré que le Venezuela allait « remettre » jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux Etats-Unis

    Le président américain entend opérer sans s’embarrasser du Congrès, qui a normalement la prérogative sur les interventions militaires à l’étranger. Un texte bipartisan pourrait être déposé au Sénat, jeudi, pour le contraindre à passer par la voie législative pour toute future opération, mais le patron des sénateurs républicains, John Thune, se montrait confiant, mardi, sur le fait que le projet serait retoqué, laissant les mains libres à la Maison Blanche.

    **Et maintenant, le Groenland**

    Le Congrès se laissera-t-il marcher sur les pieds à propos des autres projets de l’administration, concernant Cuba, la Colombie, le Mexique, ou, ce qui apparaît comme le dossier le plus brûlant, celui de l’accaparement du Groenland ?

    Donald Trump a déclaré que le territoire, pays constitutif du royaume du Danemark, pourrait être le prochain sur la liste. Son conseiller Stephen Miller a semblé mettre au défi quiconque de se mettre en travers de la volonté trumpiste : « Personne ne va combattre militairement les Etats-Unis au sujet du futur du Groenland », a-t-il déclaré sur la chaîne CNN. Les principaux dirigeants des pays européens, dont le Danemark, membre de l’OTAN, ont publié dans la foulée un communiqué de protestation.

    Devant des élus républicains du Congrès, Marco Rubio a tenté de faire quelque peu redescendre la pression, mardi, assurant que le but de Donald Trump était de parvenir à un accord financier pour acquérir le territoire, et non de s’en emparer par la force. Plusieurs membres de la Chambre des représentants, dont certains issus des rangs républicains, ont exprimé leur désaccord face à la prédation d’un territoire associé à l’Union européenne et à l’OTAN, le tout sans l’accord de ses habitants, les Groenlandais, dont l’opinion semble être passée par pertes et profits dans cette affaire.

    Le sénateur démocrate de l’Arizona Ruben Gallego entend déposer une résolution pour obliger la Maison Blanche à demander l’aval du Congrès avant toute action concernant ce territoire. Le sujet de l’annexion du Groenland, qui marquerait probablement la fin de l’Alliance atlantique, en place depuis l’après-seconde guerre mondiale, pourrait être sérieusement débattu au Capitole dans les jours qui viennent.

  2. No-Bodybuilder1270 on

    Si ça pouvait plus leur faire prendre des actions que se poser de questions, ça serait bien. Ils sont collectivement responsables d’avoir mis “ça” au pouvoir, cultistes MAGA comme abstentionnistes démocrates.

  3. > Les principaux dirigeants des pays européens, dont le Danemark, membre de l’OTAN, ont publié dans la foulée un communiqué de protestation.

    C’est bien le problème : On proteste, on proteste, mais on ne fait rien. Alors que ce qu’il faut, c’est une base Européenne permanente au Groenland.