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    3 Comments

    1. AttilaLeChinchilla on

      Quelques extraits (et bien évidement, pensez à vous abonner au Monde Diplomatique) :

      > Souveraineté et participation

      > Souvent réduit au bonapartisme plébiscitaire (appel au peuple et référendums), le gaullisme repose en fait sur deux grands principes : la souveraineté nationale et la participation. La première implique le respect de l’autorité de l’État, un certain dirigisme économique, le refus du supranationalisme européen — « Je veux l’Europe pour qu’elle soit européenne, c’est-à-dire qu’elle ne soit pas américaine » —, ainsi que le refus de la vassalisation malgré le rattachement au camp occidental. En 1965, à Phnom Penh, de Gaulle condamne l’intervention sans issue des Américains au Vietnam ; en 1966, il retire la France du commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ; l’année suivante, il dénonce l’agression par Israël de ses voisins arabes.

      > La participation, elle, implique les citoyens (grâce au référendum), mais aussi les salariés au sein des entreprises — dans l’espoir d’endiguer la montée du communisme. « La lutte des classes (…) empoisonne les rapports humains, affole les États, brise l’unité des nations, fomente les guerres », estime de Gaulle le 1er mai 1950 dans un discours aux travailleurs. S’il n’adhère pas à la conception minimaliste de l’État défendue par les démocrates-chrétiens ni à leur européisme, il se montre très sensible à l’idée de compromis social promue par Léon XIII dans son encyclique Rerum novarum (1891). Teintée d’humanisme mais aussi de conservatisme, elle doit permettre de tracer une perspective d’unité pour la société française.

      > Le « gaullisme réel », celui des débuts de la Ve République, ne sera pas aussi pur que la doctrine — en particulier sur la question européenne. Si les gaullistes ont combattu le texte lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les Communautés européennes sont devenues une réalité en 1957 avec le traité de Rome. Le général voit dans le Marché commun un moyen de moderniser l’industrie française et négocie, en contrepartie, une politique agricole commune (PAC) favorable à la France, et à même de lui garantir le soutien des agriculteurs, qui représentent alors 20 % de la population active.

      > […]

      > Après le départ de de Gaulle en avril 1969, les gaullistes de gauche s’inquiètent de la dérive droitière de leur mouvement, même si certains se montrent disposés à avaler la « couleuvre Pompidou ». Mais, en définitive, ce nouveau chef de l’État élu en juin 1969 n’enclenche pas une franche contre-révolution libérale, essentiellement par crainte d’un nouveau Mai 68. Les nombreux conflits sociaux du début des années 1970 le forcent à maintenir un compromis entre capital et travail, que la croissance lui permet de financer.

      > […]

      > En parallèle de cet alignement sur le courant conservateur mondial, Chirac juge la relance de la construction européenne *« indispensable ».* En 1986, lorsque la droite remporte les élections législatives et qu’il revient à Matignon, son gouvernement lance une grande vague de privatisations et supprime les derniers vestiges du contrôle des prix. La même année, le RPR vote l’Acte unique européen et se prononce en faveur de la monnaie unique. Le dirigisme économique hérité du gaullisme a vécu.

      > […]

    2. Pour moi un politique qui se revendique gaulliste c’est comme un gosse qui se dit mature.

      Avoir besoin de le dire prouve juste que ce n’est pas le cas.

    3. Le gaullisme, c’était l’alliance entre un État stratège industriel et économique, le respect de la voix du peuple, une vision régalienne de long terme, la défense et la recherche incessante presque obsessionnelle de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intérêt premier national, avec une diplomatie assumée. C’était la France qui ose, c’était la France qui prévoit.

      Or aucune force politique actuelle ne répond à ces critères. Le gaullisme a tenu un temps, mais s’est effrité peu à peu et plus particulièrement lorsque de Gaulle est mort: renié par ses propres héritiers qui ont abandonné l’indépendance pour l’opportunisme et rongé par les fédéralistes qui ont poussé à l’intégration européennet. Aujourd’hui, une élite suffisante, oligarchique et foncièrement antidémocratique caricature la souveraineté populaire en “populisme”, renonce, délègue son pouvoir et abandonne la France à des intérêts extérieurs.

      Bien de droite et conscient que les marchés peuvent être vecteurs du pire (1929), il disait: “La politique de la France ne se fait pas à la corbeille.” Une leçon de pouvoir pour nos “élites” qui vient tout droit du passé.