
Four women accuse rapper Lomepal of rape: “I said “no”, “stop”, “stop”, he didn’t respond”
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Alors que les trois plaintes pour viol contre le chanteur ont été classées sans suite en janvier, «Libé» a recueilli le témoignage de quatre femmes, dont deux s’expriment pour la première fois, tandis que le rappeur clame son innocence.
«S’ il n’était pas connu, je serais sûrement allée voir la police», souffle Audrey (1), 28 ans, après une heure de récit difficile, à propos d’une nuit d’automne 2018. Ses mots ont jailli d’un coup. Elle réalise soudain la portée de ses pensées : «Si ce n’était pas un mec célèbre, j’en aurais parlé beaucoup plus vite, continue-t-elle. Mais je sais que je ne suis pas assez forte psychologiquement pour survivre au cyberharcèlement.» Ce «mec célèbre», c’est le rappeur français Lomepal, de son vrai nom Antoine Valentinelli. Comment ignorer qu’accuser de viol un artiste populaire, c’est s’exposer à la défense aveugle et virulente de sa communauté de fans ? Cette évidence était encore féroce alors que la vague #MeToo n’en était qu’à ses prémices. Comme de nombreuses victimes de violences sexuelles, Audrey a eu peur de ne pas être crue, d’être jugée. La notoriété grandissante du rappeur, après le succès de son album Flip, sorti en juin 2017 et disque d’or dans la foulée, a accentué ses craintes. Et l’a contrainte à ensevelir le moment où sa route a croisé celle du rappeur.
Ce soir-là, il débarque avec sa bande dans une boîte de nuit parisienne qu’Audrey fréquente souvent – elle connaît le patron. La fête bat son plein, les personnalités de la musique et du cinéma défilent, les shots aussi. La jeune femme est rapidement alcoolisée. «Au bar, je vois un mec qui me regarde avec insistance, puis qui parle à son pote et s’en va», expliquet-elle. Trois flashs de stroboscopes et voilà le «pote» qui joue les intermédiaires : un certain Antoine s’intéresse à elle et voudrait l’accompagner fumer une cigarette. Pourquoi pas. «Au début c’est cool, on discute. Son visage me dit quelque chose, je ne suis pas une fan mais je crois le reconnaître. Je demande pour en avoir le cœur net: “Et toi, qu’est-ce que tu fais dans la vie ?”» Question banale, réaction imprévue. «Son attitude change complètement, il me sort un “fais pas genre” un peu agressif, poursuit Audrey. Je finis par deviner mais ça met un froid.» Les heures qui suivent, quand Lomepal ne l’observe pas à mi-distance, c’est l’entremetteur qui vient lui répéter que le rappeur l’aime bien et voudrait la revoir.
Quatre heures du matin, fermeture, tous les clients sortent. Encore à l’intérieur, elle découvre un message du rappeur sur Instagram, sans se rappeler lui avoir donné son contact. En pleine discussion avec ses copains du staff, elle répond ne pas partir tout de suite. Il veut l’attendre. «Trente minutes plus tard, il est seul devant la boîte, mais de nouveau sympa. Je lui explique vouloir rentrer dormir, il dit m’accompagner sur un bout du trajet.» A pied dans les rues de Paris, ils papotent encore à leur arrivée devant son immeuble. Quand elle tente de dire au revoir, il argumente : «Oh bah non, tu vas pas me laisser là, c’est intéressant comme conversation, fais-moi monter !» «J’accepte tout en étant hyper claire : “Je suis crevée et déjà beaucoup trop saoule pour reprendre un verre, on peut discuter le temps d’une dernière clope, mais je vais me coucher.”» Chez elle, Antoine Valentinelli n’a plus envie de parler. Ils s’embrassent. Est-ce l’alcool ? Elle ne maîtrise plus la situation. «Je le rembarre une ou deux fois, lui dit ne pas vouloir aller plus loin… Il continue.» Fait marquant pour la jeune femme, tout juste 20 ans à l’époque : «C’est lui qui a enlevé tous mes vêtements.» Quand elle réalise qu’il l’a entièrement déshabillée sans son accord, elle comprend «n’avoir aucune prise sur ce qu’il se passe». Huit ans plus tard, elle peine pourtant à nommer son non-consentement. Elle se culpabilise de lui avoir ouvert la porte ou de ne pas l’avoir repoussé physiquement. «N’empêche qu’un mec normal, quand tu lui dis plusieurs fois non, que t’as pas envie de coucher avec lui, il n’insiste pas», assène-t-elle. La jeune femme se remémore un rapport «horrible, froid». Mais l’adieu que Lomepal lui aurait fait, à peine revêtu, a presque laissé plus de séquelles : «Il m’a regardé avec dédain et a craché : “Tu savais très bien qui j’étais, grosse mytho, t’es une pute”… Avant de claquer la porte.» Les mots, violents, ont réussi à insinuer le doute dans l’esprit d’Audrey, qui s’est battue pendant des années avec cette idée insidieuse d’avoir peut-être provoqué ce qu’elle a subi, malgré son refus explicite.
**«CE SILENCE N’EST PLUS POSSIBLE»**
Inexplicable et déstabilisante, la honte se devine en arrière-plan des quatre témoignages recueillis par Libération auprès de jeunes femmes qui accusent Lomepal de faits s’apparentant à du viol. Après sa rencontre avec Antoine Valentinelli, il y a sept ans, Raphaëlle (1) s’est enfermée dans le déni. «Je me levais tous les jours avec la certitude d’être une menteuse, raconte-t-elle. Je refoulais tout, je luttais contre mes sensations physiques, contre les images qui voulaient s’imposer dans ma conscience.» La réalité la rattrape un jeudi matin, sans prévenir. Le 20 juillet 2023, elle se fige devant la mention «Lomepal» dans les sujets les plus discutés sur Twitter. Comme à chaque fois qu’apparaît sur ses réseaux sociaux le nom du rappeur, pourtant bloqué et masqué sur toutes les plateformes, son ventre se tord. «Cela fait maintenant deux ans que j’entends des témoignages de femmes ayant subi les gestes déplacés et non désirés d’Antoine Lomepal, écrit une certaine Jenna Boulmedaïs. Toute l’industrie musicale est au courant. Ce silence n’est littéralement plus possible.»
Contactée par Libération dans la foulée, Jenna Boulmedaïs, chanteuse et créatrice de contenu, explique alors : «Ça commençait à me rendre dingue d’apprendre des histoires de plus en plus concrètes, sans que personne ne se risque à dénoncer… J’ai craqué.» Au milieu du torrent de boue qui envahit sa boîte de réception les jours suivants, plusieurs femmes se livrent. C’est le signe qu’elles attendaient pour parler, partagées entre le soulagement et la nausée de ne pas être des cas isolés. Certaines refusent de porter plainte : elles travaillent dans le même milieu que Lomepal et ont trop à perdre. D’autres comme Audrey redoutent toujours qu’Antoine Valentinelli puisse les identifier aujourd’hui. Raphaëlle, elle, veut préserver son anonymat pour ne pas «être résumée à ça pendant des années». Mais
la crainte d’affronter son agresseur a petit à petit cédé la place à un besoin de vérité, et de reconnaissance de la justice. «Savoir que je n’étais pas seule m’a aidée à regarder la réalité en face, explique-t-elle. Mais porter plainte me semblait l’unique manière de comprendre ce que j’avais vécu.» Le dossier monté avec son avocat est quasiment finalisé lorsqu’elle est contactée par un brigadier de la police judiciaire de Paris. Le nom de Raphaëlle est remonté jusqu’à lui, dans le cadre d’une enquête préliminaire en cours depuis 2020, après une première plainte pour viol contre Antoine Valentinelli. Elle est auditionnée le 24 novembre 2023.
**«IL S’EST JETÉ SUR MOI POUR M’EMBRASSER»**
Elle avait 19 ans. En licence dans une ville de province, loin de sa région natale, Raphaëlle vit seule et sort le week-end comme n’importe quelle étudiante. Après un concert de Lomepal, en février 2018, elle poste une vidéo et mentionne le compte du rappeur dans sa story Instagram. Dans l’heure, le chanteur lui envoie un message privé. Il propose qu’elle et son amie se joignent à son équipe pour prolonger la soirée. Le groupe s’entend bien, malgré quelques remarques graveleuses pendant la visite du tour bus, dont les copines s’extraient en prétextant des révisions d’examens le lendemain : «Ils forçaient pour qu’on les suive jusqu’à Paris.» A nouveau de passage quinze jours plus tard, Lomepal la recontacte et lui propose de se rejoindre à une soirée, où ils se loupent, faute de réseau. Tard dans la nuit, alors que Raphaëlle est raccompagnée chez elle très alcoolisée par ses amis, il la relance. «Son hôtel est à une rue de mon appartement, j’ai accepté qu’il vienne chez moi, relate la jeune femme. Dès l’instant où je l’ai vu, j’ai senti que je n’avais pas mesuré tous les enjeux.»
Elle se rend compte qu’elle n’a jamais discuté en tête à tête avec lui et se sent rapidement «gênée par la différence d’âge» – il avait alors 26 ans. Mal à l’aise, elle entame une discussion timide sur le canapé de son studio, sans contact physique ni proximité, sans jeu de séduction, ni alchimie particulière. «Je n’avais aucune attirance pour lui», décrit Raphaëlle, qui se rappelle se sentir «ailleurs». Alors qu’ils discutent, tout bascule : «Il s’est jeté sur moi pour m’embrasser. Tout mon corps s’est mis à trembler, j’ai commencé à claquer des dents de façon incontrôlable.» La crise de panique contraint le chanteur à un mouvement de recul, et l’étudiante réussit à articuler qu’elle «ne se sent pas bien». La réponse de Lomepal la pétrifie : «C’est normal, tu es juste stressée parce que je suis connu, j’ai l’habitude.» Interrogé par les enquêteurs, le rappeur dit «ne pas se rappeler» et admet avoir peut-être «banalisé» sa réaction du fait de ses nombreuses «relations d’un soir». Il est «navré qu’elle ait vécu ça comme ça», mais comme «les tremblements s’étaient arrêtés, [il a cru qu’ils pourraient] continuer à passer du bon temps». Pour Raphaëlle, l’explication est autre : «En l’entendant balayer ma détresse, je me suis éteinte. Mon cerveau a déconnecté, je me suis tue et j’ai laissé faire.» Après les faits, il lui aurait quémandé des gestes d’affection pour s’endormir, que Raphaëlle parviendra cette fois à refuser, prétextant sa propre fatigue. L’attente jusqu’à son départ au matin est interminable.
Attends, y’avait pas déjà des accusations contre lui ? Ou je me trompe de rappeur ? J’avais déjà catégorisé Lomepal comme “mec accusé de viol” mais maintenant je me demande si j’ai pas confondu.
Au vu de l’absence de preuves accablantes, sans aveux (ou récidive et que sa prochaine victime arrive à le coincer) ça n’aboutira jamais malheureusement.
Le fait que ça soit quatre personnes qui ne se connaissent pas, sur des périodes et des contextes différents qui témoignent laisse peu de doutes.
Cette grosse merde
L’article fait froid dans le dos, j’espère qu’il sera condamné, mais j’ai peu d’espoir…
Les bras m’en tombent.
Pour ceux qui souhaitent séparer l’homme de l’artiste, sachez que l’artiste lui ne semble pas vouloir se séparer de l’homme.
Ci-dessous les paroles de son titre “Malaise”, écoutable sur l’album “Flip” :
”
Dès le matin j’entends “Palpal”, j’suis pas le plus beau, je m’emballe pas
Radar à fesses j’fais d’l’investigation, mon excitation devient palpable
J’suis pas casanier, j’peux pas changer, faut bien que je fasse prendre l’air à mon engin
Le téléphone sonne quand je suis sous la douche, ça parle d’un apéro chez un frangin
J’demande encore si y’a de la meuf, ça fait pitié, comme si j’avais encore 17 piges
Poto, c’est chouette tu me racontes ta semaine, mais dis-moi derrière toi c’est qui cette biche
Je veux tout savoir, j’ai un problème, la liste sera jamais trop pleine
Y’a des nouvelles arrivantes tous les jours et c’est pas d’ma faute si je vis dans un d’vos bleds
J’ai dans le foie qu’une lettre à poster mais y’a trop d’urnes (trop d’urnes)
J’fais d’la peine on dirait une pub préventive pour les drogues dures (drogues dures)
Je perds la tête et je lutte pour retrouver le calme, y a des lèvres qui chuchotent dans mon crâne
Sexe violent sans ecchymoses, sexe couvert comme un esquimau
Faut surtout pas que je cède à ses fesses, même si ça ressemble à de la guimauve
En enfer que des belles femmes, j’encaisse pas bien les symptômes
Tête chauffe comme un four, cousin c’est dur de réfléchir
La tentation devient néfaste, j’ai fait du mal à ma sainte paume
Couilles grosses comme un fugu, que c’est dur de réfléchir
Ayaya, ayaya, tout dans la queue, j’ai plus d’sang dans la tête
Ayaya, ayaya, c’est sûr, je vais faire un malaise
Ayaya, ayaya, tout dans la queue j’ai plus d’sang dans la tête
Ayaya, ayaya, c’est sûr, je vais faire un malaise”