*Remuneration of the Executive and Supervisory Boards Members of the Executive Board and the members of the Supervisory Board employed by the ECB receive a* ***basic salary*** *and a residence allowance. In the case of the President, a residence is provided in lieu of a residence allowance. Members of the Executive Board and the Chair of the Supervisory Board also receive a representation allowance. Subject to the Conditions of Employment for Staff of the European Central Bank, members of both boards may be entitled to household, child, education and other allowances, depending on their individual circumstances. Salaries are subject to a tax for the benefit of the EU, as well as to deductions in respect of contributions to the pension, medical, long-term care and accident insurance schemes. Allowances are non-taxable and non-pensionable. In 2024 the* ***basic salaries*** *of the members of the Executive Board and the members of the Supervisory Board employed by the ECB (i.e. excluding representatives of national supervisors) were as follows: (…) Christine Lagarde (President) 466,092 (…)*
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Par Romaric Godin.
> Selon un [article](https://www.ft.com/content/c7cd22f0-efe5-40de-a448-fa9075926a6a) publié vendredi dans le *Financial Times* (FT), l’ancienne dirigeante du Fonds monétaire international (FMI) gagne chaque année 50 % de plus que le montant officiellement annoncé par l’institution.
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> En 2024, selon les calculs du FT réalisés à partir de sources diverses, Christine Lagarde a empoché, au total, pas moins de 726 000 euros sur l’année, soit 56 % de plus que les 466 000 euros déclarés dans le rapport annuel de la BCE. Nette d’impôts, la rémunération de la présidente de la BCE se situerait à un niveau proche de 600 000 euros sur 2024.
> Dans le détail, il apparaît que Christine Lagarde touche, selon [ce document](https://www.ecb.europa.eu/ecb/access_to_documents/document/pa_document/shared/data/ecb.dr.par2023_0019_EB_member_terms_and_conditions.en.pdf), des indemnités diverses substantielles qui représentent un supplément de 29 % de son salaire de base. Ces indemnités sont constituées d’une allocation de résidence de 69 900 euros en 2024 (soit 15 % du salaire de base), une allocation de « représentation » s’élevant à 41 940 euros (soit 9 % du salaire de base) et une allocation « d’entretien du ménage » (« household allowance ») de 5 % du salaire de base, soit, en 2024, 23 300 euros.
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> En tout, ces diverses allocations s’élèvent à 135 140 euros annuels en 2024, ce qui couvre, selon les calculs du Financial Times, l’ensemble des impôts dus par Christine Lagarde. […] La dernière partie de sa rémunération est constituée des 125 000 euros liés à sa présidence au directoire de la Banque des règlements internationaux (BRI), que l’on appelle communément la « banque centrale des banques centrales ». […]
> Au total, Christine Lagarde apparaît bel et bien comme la dirigeante européenne la mieux payée. Les présidents du Conseil européen, de la Commission européenne et de la Cour de justice de l’UE touchent en effet un salaire de base supérieur de 138 % à celui du mieux payé des fonctionnaires titulaires, soit 396 768 euros annuels. […]
> L’argument justifiant les salaires des banquiers centraux est souvent celui de la compétence et de la nécessité de rester « compétitifs » pour ces institutions afin d’attirer lesdites compétences. […] Par ailleurs, cet argument ne tient pas lorsque l’on observe la rémunération du banquier central le plus puissant du monde, le président de la Réserve fédérale. Jerome Powell a un salaire de 203 000 dollars (environ 172 990 euros) par an fixé par la loi et qui est gelé depuis 2019. Il ne peut pas, par ailleurs, toucher son indemnité de membre du directoire de la BRI, compte tenu de la loi des États-Unis qui interdit au président de la Fed de toucher de l’argent d’une institution internationale. […]
> […] la BCE, qui insiste beaucoup sur la transparence dans sa communication, est ici en retrait d’autres banques centrales de l’Eurosystème. La Banque de France, par exemple, rend compte de la rémunération de son gouverneur au titre de son activité à la BRI. Et elle exige de ce dernier le versement de la moitié de la somme, ce qui semble justifié dans la mesure où cette personne siège à la BRI au nom de cette même institution. Dans la communication de la BCE, on ne trouve rien sur l’indemnité liée à la BRI et sur un éventuel versement à l’institution. Or c’est bien d’abord cette indemnité qui améliore singulièrement les revenus de Christine Lagarde.
> Le mandat de Christine Lagarde se termine en octobre 2027. La fin de ce mandat ne signifiera pas la fin de sa rémunération. Elle bénéficiera alors d’une indemnité transitionnelle qui s’élèvera à 80 % du salaire de base pendant un an, puis 60 % l’année suivante. Cette indemnité sera recalculée si elle prend un nouveau poste afin qu’elle ne touche pas, grâce à elle, davantage qu’à la tête de la BCE. À partir de 2030, Christine Lagarde pourra prétendre à une pension de 178 000 euros par an, soit 14 833 euros par mois. […]
> Au printemps 2025, une rumeur avait couru, laquelle prétendait que la présidente de la BCE pourrait démissionner de son poste pour reprendre la direction du World Economic Forum (WEF) […] Les salaires du WEF sont, il est vrai, alléchants : 1,66 million de dollars (1,41 million d’euros) pour le président, et 1,11 million (950 000 euros) de dollars pour le président exécutif. […] Finalement, Christine Lagarde a renoncé. […]
> […] En 2012, elle avait tancé les Grecs, en pleine crise austéritaire, qui, selon elle, refusaient de payer leurs impôts. Mais, en tant que présidente du FMI, elle était exonérée d’impôts sur son revenu annuel de 551 700 dollars (soit environ 470 000 euros au cours de change d’aujourd’hui et 380 000 euros au cours de l’époque). […]
>Mais, en tant que présidente du FMI, *elle était exonérée d’impôts* sur son revenu annuel de 551 700 dollars
Le FMI, l’OCDE etc, tous ces gens qui disent comment faire payer des impôts aux autres, n’en paient pas eux-mêmes.
Après c’est normal, c’est comme ça que ça fonctionne. Y’a ceux qui paient, et y’a ceux qui disent qu’il faut payer toujours plus pendant que leurs budgets sont toujours déficitaires, en train de couler.
Et elle nous dira que c’est « normal ». Et qu’elle vois dit merde. Bien dans vous.
Comment peut-on avoir des indemnités avec un salaire tel que le sien… c’est aberrant.
C’est vraiment un article que je comprends pas. Enfin plutôt, je comprends pas l’enquête du Financial Times.
>Dans le détail, il apparaît que Christine Lagarde touche, selon [ce document](https://www.ecb.europa.eu/ecb/access_to_documents/document/pa_document/shared/data/ecb.dr.par2023_0019_EB_member_terms_and_conditions.en.pdf), des indemnités diverses substantielles qui représentent un supplément de 29 % de son salaire de base. Ces indemnités sont constituées d’une allocation de résidence de 69 900 euros en 2024 (soit 15 % du salaire de base), une allocation de « représentation » s’élevant à 41 940 euros (soit 9 % du salaire de base) et une allocation « d’entretien du ménage » (« household allowance ») de 5 % du salaire de base, soit, en 2024, 23 300 euros.
Selon *ce document* tellement secret qu’il est accessible sur le site de la BCE lui-même.
>En tout, ces diverses allocations s’élèvent à 135 140 euros annuels en 2024, ce qui couvre, selon les calculs du Financial Times, l’ensemble des impôts dus par Christine Lagarde. […] La dernière partie de sa rémunération est constituée des 125 000 euros liés à sa présidence au directoire de la Banque des règlements internationaux (BRI), que l’on appelle communément la « banque centrale des banques centrales ». […]
Du coup les 125 000 euros liés à sa présidence de la BRI ne sont pas payés par la BCE et ne sont légitimement pas inclus dans sa rémunération? Autant on pourrait inclure les indemnités dans le rapport annuel, même si c’est pas vraiment la norme pour la fonction publique européenne, autant la rémunération de la BRI je trouve ça farfelu même si on a décidé de le faire en France.
Par ailleurs, le rapport annuel lui-même précise bien que les chiffres indiqués sont ceux du salaire de base, en dehors des indemnités diverses:
*Remuneration of the Executive and Supervisory Boards Members of the Executive Board and the members of the Supervisory Board employed by the ECB receive a* ***basic salary*** *and a residence allowance. In the case of the President, a residence is provided in lieu of a residence allowance. Members of the Executive Board and the Chair of the Supervisory Board also receive a representation allowance. Subject to the Conditions of Employment for Staff of the European Central Bank, members of both boards may be entitled to household, child, education and other allowances, depending on their individual circumstances. Salaries are subject to a tax for the benefit of the EU, as well as to deductions in respect of contributions to the pension, medical, long-term care and accident insurance schemes. Allowances are non-taxable and non-pensionable. In 2024 the* ***basic salaries*** *of the members of the Executive Board and the members of the Supervisory Board employed by the ECB (i.e. excluding representatives of national supervisors) were as follows: (…) Christine Lagarde (President) 466,092 (…)*
>[…] En 2012, elle avait tancé les Grecs, en pleine crise austéritaire, qui, selon elle, refusaient de payer leurs impôts. Mais, en tant que présidente du FMI, elle était exonérée d’impôts sur son revenu annuel de 551 700 dollars (soit environ 470 000 euros au cours de change d’aujourd’hui et 380 000 euros au cours de l’époque). […]
On peut critiquer le commentaire sur la Grèce, mais tous les employés d’organisations internationales sont exemptés d’impôts en vertu de principes codifiés au moins depuis la Convention de Vienne de 1961. Elle ne paye pas non plus d’impôt national en tant que présidente de la BCE mais elle est soumise à un impôt communautaire comme les autres fonctionnaires européens.