> Dans cette succession de « scènes de vies », une histoire a particulièrement choqué : elle se déroule dans un train, où François Ruffin tombe sur un contrôleur et deux agents de police verbalisant une passagère noire. Celle-ci refuse de payer, assurant qu’une employée au guichet lui a vendu un ticket en règle. Le ton monte, les policiers tutoient la femme noire, dépeinte comme irascible, les traits immenses et déformés par la colère.
> Grand seigneur, le personnage du député arrive, paie l’amende de 11 euros à la place de la passagère à qui il n’adresse pas un mot. À un jeune homme arabe qui avait pris la défense de la voyageuse, François Ruffin intime de « respecter la police », puis se tourne et dit à un policier de « respecter [son] uniforme ».
> Après cet « échange », on voit le jeune homme recroquevillé sur son siège, le visage baissé et le regard fixé sur le sol. À côté de lui, dessiné en légère contre-plongée, le personnage de François Ruffin est debout dans l’allée, bombe le torse et occupe toute la hauteur de la case. « Désolé, je me suis un peu énervé. C’est bien que vous soyez intervenu, s’excuse alors le passager sans nom. Sinon, on finissait au poste. »
> « Tout au long de la bande dessinée, c’est la même figure paternaliste, François Ruffin arrive en grand sauveur », observe la journaliste Britanie, qui tient le compte Instagram antiraciste Culture dorée. Elle fait référence à la posture du « white savior », un symbole « purement colonial, de la France qui conquiert d’autres territoires pour civiliser les populations et les intégrer à un système qui l’arrange ». « C’est ça que nous dit la BD : une femme noire, qui ne veut pas s’intégrer au système, et grâce à l’homme blanc qui paie, le train peut repartir », dit-elle.
> Dans la case suivante [juste après], François Ruffin est représenté au milieu d’une tranchée, agitant un drapeau blanc, tandis que les personnages sont positionnés comme des guerriers et guerrières de chaque côté d’un champ de bataille – policiers de l’un, citoyen·nes racisé·es de l’autre –, sous-entendant que dominé·es et dominant·es joueraient à armes égales. Les policiers ont d’ailleurs trois armes légères, tandis que l’homme racisé tient un bazooka et la femme noire tire avec une mitraillette.
> « On a l’impression que les plus violents dans cette histoire, c’est la femme noire et l’homme arabe. Alors que dans l’histoire, ils se défendent d’une agression, on ne sait même pas si la passagère était en faute. Et la personne que François Ruffin protège au milieu, c’est le contrôleur : un homme blanc qui essaie de fuir », ajoute Britanie du compte Culture dorée.
> […] Une autre page de la BD montre un contrôleur de train – décidément – s’épancher sur les Soudanais dont beaucoup « refusent de serrer la main aux femmes » ou les Afghans qu’il faut « laisser partir en Angleterre », alors que d’autres ne « posent pas de problème » comme les « femmes ukrainiennes » ou les Érythréens qui « fuient le service militaire chez eux ». François Ruffin y est montré comme un spectateur quasi muet, laissant son interlocuteur enchaîner les clichés racistes sans contradiction. […]
Desverie on
Le syndrome du sauveur blanc ça touche tellement de monde c’est plutôt angoissant
Mais Ruffin est un gentil, un peu narcissique je ne lui jetterais pas des cailloux pour ça.
On se souviens de Mélenchon qui pleure devant une femme voilée lors d’une manifestation contre l’islamophobie… De la mise en scène y en a partout
Ifckinglovemycat on
montebourg 2
__juc__ on
Dézinguer sa carrière politique via une bd éclatée. Chapeau l’artiste !
[deleted] on
[deleted]
Zealousideal_Bard68 on
C’est tellement gros que je me pose une question sur ce truc :
Ni Ruffin, ni quiconque ayant sur ce projet, n’a perçu les gros problèmes que ces histories allaient poser ?
Free_Explanation2590 on
C’est probablement pour ce genre de comportements que j’ai arrêté de critiquer aussi durement la société américaine.
Il y a quelque chose de pourri dans la société française, quelque chose qui demeure depuis des décennies malgré le vernis de la respectabilité.
0Tezorus0 on
Je dois bien avouer que j’ai rarement lu un truc aussi ridicule que cette bd. Comment on peut approuver un truc pareil ? Le lire et se dire ” ouais c’est ok” ? Ça demande un niveau de déconnexion du réel assez hallucinant.
Zatujit on
Tintin grand reporter de Fakir
morinl on
En plus du discours qui est nul à chier, il y a un truc qui n’est pas anodin non plus.
Le medium choisit par Ruffin pour s’exprimer, c’est une bande dessinée.
Et il faut le dire, c’est quand même une poubelle visuelle.
Y’a quand même un truc bien raccord entre l’idée exprimée et les moyens utilisés pour le faire.
Lostinslumber on
Déjà que les politiciens nous encombrent les rayons des librairies avec leurs livres a la con, mais s’ils se mettent en plus a la bd on est pas sorti de l’auberge (parce que tu peux etre sur que Bollore va s’y mettre)
Chiison on
petit lien pour lire la bd ? 🏴☠️
Schistoron on
Bon ben… même étant pro-Ruffin, force est de reconnaître que cette bd est une connerie.
Et le potentiel de ridicule, de détournement et de mêmes est ENORME.
Thomas-poc on
C’est un positionnement de gauche conservatrice comme le BSW en Allemagne. Si ça permet de faire le tour et d’aller manger les voix du RN, pourquoi pas. Pour rappel, il faut une majorité pour diriger un pays.
Ok-Candy2936 on
D’après le résumé que je lis, j’y vois une tentative d’egotrip auto ironique ratée
SpiritedCatch1 on
Ahh mais on disait pourtant ici que sa position sur l’immigration illégal n’était pas du tout chelou. Il frôle sur le social – patriote depuis 10 ans et a mon avis il poussera le bouchon toujours plus loin.
spiritoftg on
On attend avec impatience son blog pour expliquer qu’il a été mal compris (encore…)
18 Comments
> Dans cette succession de « scènes de vies », une histoire a particulièrement choqué : elle se déroule dans un train, où François Ruffin tombe sur un contrôleur et deux agents de police verbalisant une passagère noire. Celle-ci refuse de payer, assurant qu’une employée au guichet lui a vendu un ticket en règle. Le ton monte, les policiers tutoient la femme noire, dépeinte comme irascible, les traits immenses et déformés par la colère.
> Grand seigneur, le personnage du député arrive, paie l’amende de 11 euros à la place de la passagère à qui il n’adresse pas un mot. À un jeune homme arabe qui avait pris la défense de la voyageuse, François Ruffin intime de « respecter la police », puis se tourne et dit à un policier de « respecter [son] uniforme ».
> Après cet « échange », on voit le jeune homme recroquevillé sur son siège, le visage baissé et le regard fixé sur le sol. À côté de lui, dessiné en légère contre-plongée, le personnage de François Ruffin est debout dans l’allée, bombe le torse et occupe toute la hauteur de la case. « Désolé, je me suis un peu énervé. C’est bien que vous soyez intervenu, s’excuse alors le passager sans nom. Sinon, on finissait au poste. »
> « Tout au long de la bande dessinée, c’est la même figure paternaliste, François Ruffin arrive en grand sauveur », observe la journaliste Britanie, qui tient le compte Instagram antiraciste Culture dorée. Elle fait référence à la posture du « white savior », un symbole « purement colonial, de la France qui conquiert d’autres territoires pour civiliser les populations et les intégrer à un système qui l’arrange ». « C’est ça que nous dit la BD : une femme noire, qui ne veut pas s’intégrer au système, et grâce à l’homme blanc qui paie, le train peut repartir », dit-elle.
> Dans la case suivante [juste après], François Ruffin est représenté au milieu d’une tranchée, agitant un drapeau blanc, tandis que les personnages sont positionnés comme des guerriers et guerrières de chaque côté d’un champ de bataille – policiers de l’un, citoyen·nes racisé·es de l’autre –, sous-entendant que dominé·es et dominant·es joueraient à armes égales. Les policiers ont d’ailleurs trois armes légères, tandis que l’homme racisé tient un bazooka et la femme noire tire avec une mitraillette.
> « On a l’impression que les plus violents dans cette histoire, c’est la femme noire et l’homme arabe. Alors que dans l’histoire, ils se défendent d’une agression, on ne sait même pas si la passagère était en faute. Et la personne que François Ruffin protège au milieu, c’est le contrôleur : un homme blanc qui essaie de fuir », ajoute Britanie du compte Culture dorée.
> […] Une autre page de la BD montre un contrôleur de train – décidément – s’épancher sur les Soudanais dont beaucoup « refusent de serrer la main aux femmes » ou les Afghans qu’il faut « laisser partir en Angleterre », alors que d’autres ne « posent pas de problème » comme les « femmes ukrainiennes » ou les Érythréens qui « fuient le service militaire chez eux ». François Ruffin y est montré comme un spectateur quasi muet, laissant son interlocuteur enchaîner les clichés racistes sans contradiction. […]
Le syndrome du sauveur blanc ça touche tellement de monde c’est plutôt angoissant
Mais Ruffin est un gentil, un peu narcissique je ne lui jetterais pas des cailloux pour ça.
On se souviens de Mélenchon qui pleure devant une femme voilée lors d’une manifestation contre l’islamophobie… De la mise en scène y en a partout
montebourg 2
Dézinguer sa carrière politique via une bd éclatée. Chapeau l’artiste !
[deleted]
C’est tellement gros que je me pose une question sur ce truc :
Ni Ruffin, ni quiconque ayant sur ce projet, n’a perçu les gros problèmes que ces histories allaient poser ?
C’est probablement pour ce genre de comportements que j’ai arrêté de critiquer aussi durement la société américaine.
Il y a quelque chose de pourri dans la société française, quelque chose qui demeure depuis des décennies malgré le vernis de la respectabilité.
Je dois bien avouer que j’ai rarement lu un truc aussi ridicule que cette bd. Comment on peut approuver un truc pareil ? Le lire et se dire ” ouais c’est ok” ? Ça demande un niveau de déconnexion du réel assez hallucinant.
Tintin grand reporter de Fakir
En plus du discours qui est nul à chier, il y a un truc qui n’est pas anodin non plus.
Le medium choisit par Ruffin pour s’exprimer, c’est une bande dessinée.
Et il faut le dire, c’est quand même une poubelle visuelle.
Y’a quand même un truc bien raccord entre l’idée exprimée et les moyens utilisés pour le faire.
Déjà que les politiciens nous encombrent les rayons des librairies avec leurs livres a la con, mais s’ils se mettent en plus a la bd on est pas sorti de l’auberge (parce que tu peux etre sur que Bollore va s’y mettre)
petit lien pour lire la bd ? 🏴☠️
Bon ben… même étant pro-Ruffin, force est de reconnaître que cette bd est une connerie.
Et le potentiel de ridicule, de détournement et de mêmes est ENORME.
C’est un positionnement de gauche conservatrice comme le BSW en Allemagne. Si ça permet de faire le tour et d’aller manger les voix du RN, pourquoi pas. Pour rappel, il faut une majorité pour diriger un pays.
D’après le résumé que je lis, j’y vois une tentative d’egotrip auto ironique ratée
Ahh mais on disait pourtant ici que sa position sur l’immigration illégal n’était pas du tout chelou. Il frôle sur le social – patriote depuis 10 ans et a mon avis il poussera le bouchon toujours plus loin.
On attend avec impatience son blog pour expliquer qu’il a été mal compris (encore…)
Feel the cringe