
Budget 2026: the most precarious put a very high contribution by the government
https://www.liberation.fr/economie/budget-2026-les-plus-precaires-mis-a-tres-forte-contribution-par-le-gouvernement-20251018_DHXAIZFKVNE37NNFVFPDBSR6KM/
Posted by PasSiAmusant

15 Comments
*Anne-Sophie Lechevallier*
**Gel de quasiment toutes les prestations sociales, doublement des franchises médicales… Les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale contiennent une quantité de mesures qui vont affecter le niveau de vie des plus précaires. Et ce alors que le taux de pauvreté atteint des records en France.**
_«Il n’est pas trop tard pour faire machine arrière»,_ écrivaient les quelque 80 associations de solidarité regroupées dans le collectif Alerte à François Bayrou le 17 juillet, deux jours après la présentation des intentions budgétaires de l’ancien Premier ministre. Elles s’inquiétaient dans cette lettre des conséquences de nombreuses mesures d’économies visant les plus précaires, à commencer par [l’année blanche](https://www.liberation.fr/economie/budget-2026-quest-ce-quune-annee-blanche-la-piste-deconomies-envisagee-par-francois-bayrou-20250713_AORJKRTO35CCHMCABPAE44AICE/). Elles n’étaient pas les seules. Une _«injustice crasse»,_ tonnait par exemple le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, [dans _Libération_](https://www.liberation.fr/politique/boris-vallaud-la-logique-voudrait-que-le-president-de-la-republique-laisse-sa-chance-a-la-gauche-20250826_O2ZPFXQ7CRB3LKGRVKIPVTQZCQ/)_._
Trois mois plus tard, les alarmes et les indignations n’y auront rien changé. Le locataire de Matignon n’est plus le même, mais les mesures concernant les plus pauvres ne sont guère différentes. Dans les projets de loi de finances (PLF) et celui de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour l’an prochain, [présentés le 14 octobre en Conseil des ministres](https://www.liberation.fr/economie/scenario-hypothetique-et-previsions-de-croissance-trop-optimistes-le-budget-2026-ne-convainc-pas-le-haut-conseil-des-finances-publiques-20251014_V3BORMQNLRCT7LR4LJCLFZKIKU/) et dont l’examen par les députés commence, pour le PLF, lundi 20 octobre en commission, figure toujours en bonne place l’année blanche, c’est-à-dire la non-indexation sur l’inflation des prestations sociales ou celle des pensions de retraite…
**«Nous sommes face à un bulldozer»**
Mais pas seulement, pointe la directrice de France terre d’asile, [Delphine Rouilleault](https://www.liberation.fr/economie/social/austerite-ce-budget-va-encore-aggraver-la-precarite-dans-notre-pays-20250716_CFOI5RFJVVFPROFJRBY7R2XEDM/) , également présidente du collectif Alerte : _«Au-delà de grandes mesures emblématiques et très graves, comme l’année blanche, le projet de budget contient une quantité de mesures un peu cachées dans les centaines de pages dont l’accumulation va saper le pouvoir d’achat des plus précaires.»_ Elle s’inquiète : _«Nous n’avons pas été entendus. Aucune des alertes que nous avons pu émettre n’a été prise en compte. Nous sommes face à un bulldozer qui cherche à tout prix des sources d’économies sans prendre en compte les conséquences concrètes sur la vie des gens.»_ Quant à Nicolas Duvoux, le président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté (CNLE), organe consultatif rattaché à Matignon, il appelle le gouvernement à reconsidérer ses plans. _«Le CNLE appelle de longue date à revaloriser les prestations sociales “de survie que sont le RSA et les APL. Il faut au minimum les sanctuariser – c’est-à-dire les revaloriser à hauteur de l’inflation – dans le budget 2026»_ , estime-t-il dans _le Monde._
L’inquiétude est renforcée par [les statistiques publiées cet été par l’Insee](https://www.liberation.fr/economie/social/le-taux-de-pauvrete-et-les-inegalites-ont-fortement-augmente-en-2023-selon-linsee-20250707_6J4F2GAS7BAO3IVK2TMU2RTXLI/) pour l’année 2023, qui font état d’une aggravation de la pauvreté : 9,8 millions de personnes vivent, en France métropolitaine, sous le seuil de pauvreté (fixé à 60 % du niveau de vie médian de la population, soit 1 288 euros par mois pour une personne seule). Le taux de pauvreté atteint 15,4 % de la population, soit une hausse de près d’un point par rapport à l’année précédente, et le niveau le plus élevé depuis 1996, quand l’Insee a commencé cette série. Les indicateurs d’inégalités atteignent eux aussi des niveaux inédits depuis trente ans.
Ces gels − s’ils survivent à l’examen parlementaire –, qui concerneront les prestations sociales, toutes les retraites ou encore les aides personnelles au logement (APL) (ainsi que le barème de l’impôt sur le revenu, mais cela ne concerne pas les plus précaires), sont renommés par le gouvernement Lecornu au moyen d’euphémismes dans ses projets de loi : _«Stabilisation du montant des APL»_ pour le PLF et « _Stabiliser le montant des prestations sociales, dont les pensions»_ pour le PLFSS.
Cette mesure radicale, inédite de mémoire de plusieurs hauts fonctionnaires et spécialistes des politiques sociales, serait plus acceptable dans une période de faible inflation, comme aujourd’hui, plaident plusieurs macronistes. Un argument réfuté par Delphine Rouilleault : _«Prétendre que l’année blanche n’est pas un problème parce que l’inflation est faible, c’est un mépris de réalité. C’est ne pas se rendre compte de la vie que mènent les plus précaires dès les premiers jours du mois, c’est ne pas prendre la mesure de la précarité.»_
**Mesures «potentiellement régressives»**
Le gouvernement, lui, tient deux discours sur les conséquences de la non-revalorisation des prestations. Celui du dossier de presse de présentation du PLFSS : _«Leurs bénéficiaires réaliseront un effort d’ampleur modérée, mais dont l’effet global sera décisif pour freiner la dépense.»_Un autre discours apparaît dans une annexe du PLFSS consacrée à l’évaluation préalable des articles qui indique : _«Cette mesure_[le gel des prestations, ndlr] _conduira à une baisse du niveau de vie des bénéficiaires des prestations. Dans la mesure où la non-revalorisation concerne à la fois les prestations de solidarité – dont minima sociaux – et les prestations familiales, pour l’essentiel sous conditions de ressources, les publics les plus affectés seront situés dans le bas de la distribution_ [sic] _.»_
Sans toutefois avancer de chiffrage sur les conséquences à attendre sur le taux de pauvreté. L’économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques [Pierre Madec](https://www.liberation.fr/economie/niveau-de-vie-sans-la-crise-des-gilets-jaunes-on-peut-penser-que-les-perdants-auraient-ete-plus-nombreux-20211010_QHKAMKCBHZEPVARKWSFPOLLMSA/) aboutit à la conclusion du deuxième discours : _«L’indexation sur l’inflation permet de compenser les baisses passées de pouvoir d’achat des prestations sociales. Avec le gel, le pouvoir d’achat des prestations va mécaniquement baisser pendant deux ans. Pour les ménages pauvres qui n’ont pas d’épargne, cela se traduira par moins de consommation et des renoncements.»_ Le Conseil d’analyse économique, organisme rattaché à Matignon, [remarque dans sa dernière note](https://www.liberation.fr/economie/isf-taxe-dhabitation-subvention-de-lenseignement-prive-les-idees-du-conseil-danalyse-economique-pour-redresser-les-finances-publiques-20251016_BR2FQSLWNFCPLA6ASI6RSY44TY/) que _«l’avantage principal de l’année blanche tient aux montants importants dégagés et à la possibilité d’accumuler les gains si la désindexation est prolongée au-delà d’une année»,_ tout en soulignant que ces mesures sont _«potentiellement régressives car elles font porter uniformément l’effort de consolidation sur l’ensemble des bénéficiaires de transferts sociaux»._
Dans le détail, le gouvernement Lecornu prévoit de soumettre la quasi-totalité des prestations sociales au gel des montants et des plafonds de ressources : les allocations familiales, le RSA, l’allocation de soutien familial, l’allocation de solidarité spécifique pour les chômeurs en fin de droits (que [voulait supprimer Gabriel Attal](https://www.liberation.fr/economie/social/casse-sociale-les-precaires-se-prennent-des-gnons-de-dingue-20240213_3WHMSCV2HNCGTDLU7I3L3JJLQ4/) quand il était à Matignon), l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, l’allocation de rentrée scolaire, l’aide universelle d’urgence pour les victimes de violences conjugales, l’allocation adulte handicapé et des dizaines d’autres. Sans cette mesure, la revalorisation serait de 0,9 % en avril 2026, selon la prévision du gouvernement (hors tabac) sur les douze mois qui précèdent. En prenant cette hypothèse, l’économie réalisée serait autour de 1 milliard d’euros. Un montant auquel il faut ajouter une partie des 2,7 milliards générés par le gel des pensions de retraite, puisqu’il n’est pas cette fois question d’épargner les plus petites pensions. Quant à la sous-indexation de 0,4 point des pensions pour les années de 2027 à 2030, elle s’applique également à l’ensemble des pensions.
La droite fait de la droite, merci le PS d’avoir été les pigeons grandioses de Macron.
Reste à voir comment ça sera gérer au niveau de l’assemblée, mais je suis assez pessimiste.
Qui aurait pu prédire ?
je comprend pas. Non vraiment, je ne comprend pas, ça n’est pas une façon d’exprimer mon désaccord avec cette décision.
s’ils veulent de l’argent, pourquoi essayer d’en prendre là où il n’y en a pas? Sérieusement, quelqu’un a une réponse à ça?
C’est un peu un pléonasme comme titre. Le plus gros poste de dépenses en France c’est les prestations sociale donc forcément un budget de réduction de dépenses ça va forcément impacter les bénéficiaires le plus au prorata.
Quand on va se retrouver à devoir assainir nos comptes de manière forcée et brutale, ces mesurettes sembleront bien douces.
Une petite censure ne serait pas de refus
Oh wait
Pour changer tiens.
A force de s’en prendre aux plus vulnérables ils vont vraiment réussir à avoir le fascisme au pouvoir…
G
Comme d’habitude les cadres s’en sortent.🙄
C’est plus simple d’augmenter les franchises médicales que de taxer les parts variables.
Il faut dire qu’ils votent massivement (et pas qu’à droite).
Qui osera prendre l’argent ou il est ?
juste pour rappel, en regardant la situation froidement d’un point de vue économique : donner de l’argent aux plus précaires c’est leur donner de l’argent qui sera dépensé immédiatement. qui sera donc taxé a 20% par la tva. qui va aller dans les commerces, payer des salaires qui sont eux même imposés à des salariés qui vont également dépenser leur argent et repayer la tva. donc en quelques échanges l’argent des précaires aura fait tourner l’économie avant de retourner quasi intégralement dans les poches de l’état (et des propriétaires de leurs logements aussi mais bon). donc juste froidement d’un point de vue économique c’est complètement con de pas donner plus d’argent à ces gens là. même ceux qui trichent, même les profiteurs et les assistés.
Oh surprise ! Quelle belle rupture politique ce Lecornu…
Ce qui me rend fou de rage c’est d’aller taper dans les aides aux gens malades, aux remboursement des médicaments etc… Quelle société sommes nous devenus pour ne plus en avoir rien a faire de la santé des concitoyens ??
Si tu prends de l’argent aux précaires, ils seront toujours précaires donc personne n’est déclassé dans l’histoire.
*se tapote la tempe*
On remercie le PS une fois de plus de faire semblant d’être un parti d’opposition de gauche pour sauver ses petits sièges.