Bernard Arnault in the turmoil of the Hermès financial thriller, between stolen shares, colossal capital gains and offshore schemes

https://www.liberation.fr/economie/bernard-arnault-dans-les-remous-du-thriller-financier-hermes-entre-actions-volees-plus-value-colossale-et-stratagemes-offshore-20251126_FMNTDCSPVFD5XKNFE6FIANXHTE/

Posted by PasSiAmusant

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3 Comments

  1. *Laurent Léger*

    **Lors d’une tentative de raid sur le maroquinier en 2010, le patron de LVMH avait acheté 6 millions d’actions, dans des conditions qui interrogent, à l’un des héritiers de la famille. Le PDG du numéro 1 du luxe est désormais susceptible de voir la justice le considérer comme receleur du délit d’abus de confiance, voire comme complice.**

    C’est une histoire folle, celle de deux mastodontes du luxe, LVMH et Hermès, dont le premier a voulu avaler le second dans un raid aventureux. Elle est peuplée de milliardaires, d’héritiers, de gestionnaires de fortune indélicats, d’actions de société envolées, de millions d’euros subtilisés dans des comptes bancaires suisses, sans oublier un suicide mystérieux intervenu dans la montagne helvète.

    Mais le jeudi 20 novembre 2025, dans une toute petite salle d’audience nichée au 6e étage du tribunal judiciaire de Paris, on ne croise que des avocats et leur robe noire. C’est pourtant lors de cette audience tenue par une présidente souriante, que Bernard Arnault, 76 ans, a été rattrapé par cette affaire hors du commun. Voilà le fondateur de l’empire du luxe et numéro 1 mondial LVMH (qui regroupe d’illustres marques de mode, de cosmétiques, de spiritueux et autres), ses deux holdings Agache et Financière Agache, ainsi que le groupe lui-même, obligés de s’expliquer sur la tentative de prise de contrôle par LVMH, en 2010, de l’une des dernières maisons de mode indépendantes, Hermès, aujourd’hui un fleuron mondial.

    L’opération montée en grand secret a en son temps secoué le monde du luxe mais, en dépit – ou à cause – de la dissimulation machiavélique organisée par l’un de ses protagonistes, resurgit des années après. Jeudi, le puissant PDG a donc mobilisé trois cabinets d’avocats réputés, Haïk-Laffont, Terrier et Bredin Prat, pour représenter et défendre ses intérêts. Un collaborateur prend scrupuleusement des notes pendant cette courte audience de procédure, qui serait restée confidentielle si Libération n’avait pas poussé la porte, ce matin-là, de la 9e chambre civile du tribunal.

    **Actions non nominatives, et donc intraçables**

    L’échec du raid lancé sur Hermès et la condamnation de LVMH en 2013 par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à une amende de 8 millions d’euros, principalement pour «manquement à l’obligation d’information du marché» , n’ont pas soldé l’histoire. Car si Bernard Arnault a pu monter jusqu’à 23 % du capital de la marque (il visait 30 % afin de pouvoir déclencher une OPA), c’est notamment grâce à l’achat d’actions dont le propriétaire dit aujourd’hui qu’elles lui ont été subtilisées : Nicolas Puech, 82 ans, l’un des héritiers de la famille Hermès, amoureux des chevaux et de l’Espagne. Au moment de l’opération menée en secret par Arnault, il est alors le premier actionnaire privé du maroquinier de luxe, héritier de 6 % de son capital, environ 6 millions d’actions. Quelque 13 milliards d’euros, au cours actuel de Bourse.

    L’histoire dépasse l’entendement. Nicolas Puech, qui a pendant près de vingt-cinq ans délégué la gestion de sa fortune à un conseiller financier, accuse ce dernier d’avoir vendu, dans son dos, ses 6 millions de titres à Bernard Arnault. Le 18 décembre 2023, il a déposé plainte pour «abus de confiance»contre Eric Freymond, un ex-banquier suisse, gestionnaire de fortune dont il s’est séparé en 2022 pour avoir vendu ses actions sans son accord avant d’en dilapider le fruit ou en le dissimulant à l’étranger. Des actions non nominatives, et donc intraçables.

    Cela fait des années que les interrogations subsistaient, surtout après l’enquête de l’AMF qui avait déjà découvert en 2013 qu’il ne restait à l’héritier qu’une petite partie de ses titres. Comme il le raconte aux juges en 2025, Nicolas Puech avait douze ans plus tôt été immédiatement rassuré par des attestations notariées fournies par son conseiller – des papiers de complaisance, apprendra-t-on plus tard. Chez Hermès, on avait sorti la calculette : en additionnant les 6 millions de parts dont Puech clamait être encore le propriétaire, aux 42,5 millions qui composent l’actionnariat flottant du groupe, le total dépassait de 6 millions le nombre d’actions du capital de l’entreprise. Preuve était faite que son héritage avait changé de mains.

    **Très lourds dommages et intérêts**

    Mais signe que quelque chose ne tourne alors pas rond, des attestations de détention de ses 6 %, signées Nicolas Puech, continuent à être remises chaque année à Hermès, comme si de rien n’était (la loi oblige toute société cotée en Bourse à rendre publique chaque année la composition de son actionnariat). La ficelle a tenu jusqu’en 2015, date où Hermès dépose plainte contre X pour «faux». Les juges en sont persuadés, les documents étaient remplis, voire fabriqués par Eric Freymond, dans le but de masquer la vente secrète des actions à Bernard Arnault. Ils font face, dans ce dossier unique en son genre, à une montagne de faux documents autant forgés pour transférer des fonds que pour justifier des procédures judiciaires.

    Mais de lancinant, le sujet est devenu brûlant pour le milliardaire. Car le patron de LVMH a acquis des titres peut-être volés à leur propriétaire – il a toujours dit ne pas en avoir eu connaissance – puis les a revendus (après la paix armée signée en 2014 avec Hermès) et empoché au passage une plus-value colossale de 3,8 milliards d’euros. Si jamais lui et son groupe étaient, dans les années à venir, jugés pénalement responsables d’avoir été complices de l’évaporation des actions, ou de les avoir recelées en connaissance de cause, ils devraient verser à Puech de très lourds dommages et intérêts. L’assignation déposée par l’héritier Hermès évoque ainsi la somme de 14 milliards d’euros, pas moins.

    Sans être formulé, ce contexte plane au-dessus de la 9e chambre civile du tribunal de Paris, le 20 novembre, mais les échanges restent policés : il s’agissait alors de fixer un calendrier et déterminer les prochaines étapes. L’avocat de l’héritier floué a trois mois, avant la prochaine audience qui se tiendra en février, pour assigner d’autres protagonistes. Ceux qu’il estime susceptibles de devoir un jour solidairement rendre des comptes, principalement des avocats suisses, des financiers, le liquidateur d’une société de gestion de fortune et les héritiers d’Eric Freymond, décédé à 68 ans en juillet près de son chalet de Gstaad : probablement un suicide, même si une enquête menée par le ministère public de Berne doit déterminer les raisons de sa mort. Le conseil de Puech demandera aussi le sursis à statuer vis-à-vis de la procédure pénale. C’est-à-dire la suspension de cette demande de réparation jusqu’à l’issue définitive de l’information judiciaire ouverte pour «abus de confiance aggravé» et «faux et usage de faux». Autant dire aux calendes grecques…

    **Contexte tendu et pression accentuée**

    Le décès en Suisse de Freymond dramatise l’affaire. Bernard Arnault, dont le bras droit Pierre Godé, très impliqué à ses côtés dans le dossier est, lui, décédé en 2018, reste en première ligne. Il est évidemment le plus solvable.

    A 76 ans, l’empereur du luxe clame qu’il n’était absolument au courant de l’origine douteuse des actions achetées ? Le voilà malgré tout dans la position très inconfortable d’avoir à se plonger dans ses souvenirs et les méandres d’une opération complexe. Et surtout à se justifier. Il devrait en toute logique le faire devant les juges d’instruction dans les semaines ou les mois à venir, dans un contexte tendu. La presse s’est emparée du sujet, et une prochaine émission de Cash investigation, annoncée le 4 décembre sur France 2, accentue la pression.

    Il est loin le temps des déjeuners, des petits cadeaux qui entretiennent l’amitié, des arrière-pensées. Au cours des années 2000, Bernard Arnault a alors franchi le cap de la cinquantaine et rêve de s’emparer d’Hermès, qu’il verrait bien inclure dans le périmètre de son empire. Le groupe qu’il a fondé englobe déjà des griffes telles Louis Vuitton, Dior ou Celine, les champagnes Moët & Chandon, des parfums (Guerlain). Mais aussi le réseau de distribution Séphora ou des titres de presse, les Echos en 2007, bientôt le Parisien en 2015 et Paris Match en 2024. Il acquiert aussi le club de foot Paris FC en 2024.

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  2. C’est quoi ces juges rouges crypto marxistes ?
    Vous voulez faire fuir les vrais entrepreneurs qui font la richesse du pays ?
    Et puis quoi encore ? C’est quoi la suite ? Payer des impôts comme les gueux ?