
The direction of “Chained Duck” fails again [pour la cinquième fois] to fire one of its unionized journalists
https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/021225/la-direction-du-canard-enchaine-echoue-encore-licencier-l-un-de-ses-journalistes-syndiques
Posted by Narcotras
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**Dans une décision rendue le 27 novembre, le tribunal administratif de Paris a refusé de permettre à l’hebdomadaire de licencier Christophe Nobili. Depuis que ce journaliste a révélé la rémunération cachée de la compagne d’un ex-dessinateur, la direction tente tout ce qu’elle peut pour s’en séparer.**
Le Canard enchaîné n’est pas autorisé à licencier son journaliste *Christophe Nobili*. Et c’est la cinquième fois que la direction du journal est empêchée de mettre à la porte ce délégué syndical, auteur des révélations de l’emploi fictif de la femme de François Fillon et considéré comme un *« lanceur d’alerte »* par une partie de sa rédaction.
C’est lui en effet qui a découvert qu’Édith V., la femme d’un dessinateur historique du journal, était rémunérée sans que la majorité des salariés en soient informés. Depuis, la rédaction est déchirée mais la nouvelle direction tente tout ce qu’elle peut pour se séparer de ce journaliste.
Ses employeurs lui reprochent notamment d’avoir raconté en détail son enquête interne qui l’avait mené à déposer plainte contre X. Dans un livre intitulé *Cher Canard* publié en 2023 chez JC Lattès, il y dévoilait notamment comment Édith V., l’épouse du dessinateur André Escaro, avait été rémunérée de 1996 à 2022, et inscrite parmi les journalistes salarié·es de l’entreprise, sans accomplir d’autre mission que celle de relayer les messages de son mari au journal. Si l’ancienne direction du journal, accusée d’abus de bien social, a été relaxée en octobre, le parquet a fait appel de la décision et Édith V. n’est désormais plus rémunérée par le journal.
À la suite de cette publication, Christophe Nobili avait été mis à pied avant de faire l’objet d’une procédure de licenciement. Après deux refus de l’inspection du travail, le journaliste avait finalement été réintégré mais l’hebdomadaire satirique avait saisi le ministre du travail de l’époque, Olivier Dussopt, pour s’opposer à la décision de l’inspection.
Étant salarié protégé du fait de ses fonctions de délégué syndical (SNJ-CGT) et d’élu au comité social et économique (CSE), Christophe Nobili ne peut pas être licencié aussi facilement. Le conseil d’administration du journal expliquait à l’époque contester *« vivement le sens et les termes de la décision »* de l’inspection du travail, qui remettait *« en cause de façon infondée la validité de la charte de déontologie du Canard »* et refusait de voir le *« grave discrédit lancé publiquement »* par son livre.
En vain, puisque le ministère du travail a ensuite refusé à deux reprises d’autoriser ce licenciement. En mars d’ailleurs, le conseil des prud’hommes de Paris a reconnu Christophe Nobili comme victime de *« discrimination syndicale »* et a condamné les anciens patrons Michel Gaillard et Nicolas Brimo, qui ont fait appel, à lui verser 10 000 euros chacun de dommages-intérêts.
**Aucune faute commise selon le tribunal administratif**
Résolue à le licencier donc, la nouvelle direction du *Canard* avait saisi le tribunal administratif, estimant que la publication de son livre allait à l’encontre de la charte de déontologie du journal. Christophe Nobili, selon eux, aurait dû préalablement informer son employeur avant de le publier et aurait manqué à son *« obligation de loyauté »* en rapportant des conversations privées avec six de ses collègues dans son ouvrage. Il aurait aussi dû demander une autorisation avant de s’exprimer sur le sujet dans certains médias extérieurs. *« Il n’existe pas de lien entre la demande d’autorisation de licenciement et les mandats exercés par M. Nobili, mais seulement avec le comportement de ce dernier »*, jurait la direction dans son recours.
Mais dans sa décision rendue le 27 novembre 2025 consultée par Mediapart et relayée par le site Off Investigation, le tribunal administratif torpille tous les arguments déployés par la direction. Celle-ci n’est pas autorisée à licencier son journaliste.
Les magistrat·es estiment que la charte de déontologie ne peut pas être retenue puisque l’ensemble des journalistes n’en avaient pas connaissance à l’époque. Christophe Nobili n’était pas non plus tenu *« de déclarer à son employeur son projet de publication »* et ne peut pas être *« tenu pour fautif »* d’avoir donné des interviews à l’extérieur de son journal.
La direction reprochait aussi le contenu de son livre et l’accusait d’avoir usé de méthodes déloyales pour obtenir des informations ou d’avoir déformé certains propos de ses collègues rapportés dans le livre. Là encore, la juridiction administrative balaye toutes les accusations. *« Il ne ressort pas des pièces du dossier »* que des propos *« ont été déformés »* ou qu’il aurait contrevenu aux exigences déontologiques, tranchent encore les magistrat·es qui ont condamné le journal à verser 1 800 euros à Christophe Nobili.
*« Je suis très satisfait. C’est un jugement qui rappelle que la liberté d’expression et la liberté individuelle d’un journaliste ne sont pas une plaisanterie*, réagit Christophe Nobili. *Cette décision précise aussi qu’une charte de déontologie n’est pas faite pour museler ses salariés. »* Sollicité, le président du Canard enchaîné, Erik Emptaz, n’a pas donné suite et n’a pas indiqué s’il comptait faire appel.
Cordonnier, chaussures… Humour ; drôle !
Ça craint un peu d’essayer de le virer au lieu de dire “désolés, on a fait de la corruption, c’est pas bien”, non?
Une des morales de l’histoire, c’est que Mediapart, qui a une structure sociale proche de celle du Canard ferait bien de s’assurer que sa démocracie interne fonctionne mieux que chez leurs honorables confrères.
(pour ceux qui l’ignorent, les 2 journaux ont un capital vérouillé, ne peuvent pas etre cédés a un actionnaire externe et sont de fait controlés par les salariés eux mêmes)
Ce qui se passe au Canard relève plus d’une lutte de clans que de la lutte des classes
C’est puant à la longue cette haine du Canard chez Mediapart / Plenel. Ca sent la vindicte personnelle.
Le Canard cherche, en suivant la voie légale, à virer un journaliste qui lui chie dans les bottes en interne depuis des années : c’est le contraire qui serait étonnant. Le gars à littéralement sorti un livre pour balancer sur son employeur !
Pour ceux qui ont raté l’épisode (MP n’en a pas bcp parlé…) : le Canard a été relaxé des accusations d’emploi fictif en question.
Y’a un truc qui m’échappe.
Comment la position de la direction est-elle tenable plus de 2 secondes ? Drôle de monde
Le canard canardé