
Ruffin better placed than Mélenchon for the 2027 presidential election: the discreet poll which confirms the rebel’s ambitions
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Posted by Tiennus_Khan

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L’équipe du député de la Somme a fait réaliser une enquête d’opinion où il apparaît comme un meilleur candidat de la gauche que Jean-Luc Mélenchon en 2027, faisant jeu égal avec Marine Le Pen au second tour. Un petit caillou de plus sur le chemin d’une candidature.
Les proches de François Ruffin admettent avoir été eux-mêmes «un peu surpris». Picardie Debout, le mouvement du député de la Somme, qui ne cache plus se préparer pour la présidentielle de 2027, a commandé un sondage qui le teste dans l’hypothèse d’une candidature unique à gauche. Selon l’étude de l’institut Cluster 17, que nous avons pu consulter, François Ruffin, dans un mouchoir de poche avec Marine Le Pen, passerait la barre du premier tour avec 29 % des voix, une tête devant Edouard Philippe testé comme candidat de la majorité. Au second tour, il ferait jeu égal avec l’extrême droite, à 50 % chacun. Testé dans le même scénario d’union de la gauche, Jean-Luc Mélenchon arrive onze points en dessous de Ruffin au premier tour, laissant le second à Philippe et Le Pen. Dans l’hypothèse d’un second tour face à la candidate du Rassemblement national, le leader insoumis chute à 35 % d’intentions de voix.
«On voulait capter l’état du peuple de gauche et convaincre François que le frémissement qu’on constatait se vérifiait en intentions de vote», justifie-t-on dans son entourage. A l’arrivée, le camp du député note qu’il y a «un chemin pour être au deuxième tour, avec un candidat unique, capable de faire le plein dans la gauche radicale et d’agréger le centre gauche. Ruffin coche toutes les cases. Il vient de la gauche de la gauche et s’est positionné pour ne pas être répulsif pour les sociaux-démocrates».
Créé en 2021, Cluster revendique une méthode alternative aux études traditionnelles, critiquée en 2022 par la Commission des sondages. Lors la dernière présidentielle, ses estimations ne se sont cependant pas révélées aberrantes, ni par rapport à celles des instituts concurrents ni, pour les plus proches du vote, par rapport aux résultats.
Selon le sondage, réalisé début avril sur un échantillon de 1 700 personnes, l’ancien journaliste fait mieux que Mélenchon dans son électorat de 2022. «Ce n’est pas juste le centre gauche qui fait de la mousse dans les médias, note un proche de Ruffin. Pour la première fois, une figure émerge qui crée le match dans le cœur électoral de Mélenchon. Il n’est plus l’évidence.» Ruffin parvient par ailleurs à aller chercher des voix dans l’électorat de centre gauche, qui se détourne massivement de l’ancien candidat à la présidentielle, au point de lui faire barrage en votant Philippe au premier tour. Au deuxième, face à Le Pen, Ruffin, défenseur déclaré d’une «France des oubliés» tentée par l’extrême droite, parvient à décrocher une petite partie du vote antisystème. «Il y a un chemin pour battre l’extrême droite en mobilisant toute la gauche et en allant mordre chez eux, sur les classes populaires dégagistes», affirme un collaborateur. Le député communiste Sébastien Jumel, très proche de Ruffin, a également eu le sondage entre les mains. «Ça ouvre une fenêtre d’espérance, affirme-t-il. Il y a encore du chemin, mais avec une gauche rassemblée, la victoire du RN n’est pas acquise.»
Si cette enquête, comme tout sondage, doit être analysée au conditionnel, elle ouvre une brèche dans la rhétorique des soutiens de Jean-Luc Mélenchon, qui s’appuient eux aussi sur des projections pour justifier une quatrième candidature de l’insoumis, inévitable selon eux faute d’alternative. A ceux qui affirment que leur chef braque une grande partie de l’opinion, ils rétorquent qu’il est le seul, aujourd’hui, à pouvoir atteindre le second tour – quand bien même il n’est jamais donné gagnant face à Marine Le Pen dans les sondages.
François Ruffin, de son côté, se prépare. Depuis des années, en tant que journaliste, réalisateur ou député, il dénonce cette gauche qui a renoncé au combat contre le libéralisme et abandonné les classes populaires. Ces derniers mois, il s’étoffe sur d’autres sujets, aidé par un petit groupe qui le nourrit de notes. Le fondateur de Fakir a aussi changé de posture. Celui qui a incarné la caricature du député insoumis chahutant l’Assemblée affirme aujourd’hui que la société a besoin d’apaisement et que la gauche radicale n’a plus besoin du bruit et de la fureur pour exister. Certains, autour de lui, le pressent de lancer un appel au peuple de gauche dès le 9 juin, juste après les européennes. Le député n’a jamais fermé la porte à l’hypothèse d’une primaire, mais il suppose que la bataille se gagnera en s’imposant dans l’opinion.
Les fidèles de Mélenchon, qui avancent groupés, ont toujours été un peu agacés par cette personnalité solitaire, hors du clan. On guette ses interventions, prêt à attaquer, l’accusant de se «soc’démiser», de négliger les questions de société et les combats des minorités. Le député ignore, déterminé à ne pas se couper de la base insoumise. Proche des «frondeurs», ces cadres critiques de la stratégie de la direction et du manque de démocratie dans le mouvement, il veille à ne pas se laisser enfermer dans le rôle du traître. En privé, il souffle parfois : «Mélenchon, c’est quand même un génie politique.»
Le leader insoumis répète sans convaincre qu’il attend de voir émerger la relève. En juillet, il confiait à Libération : «Avec François, c’est parfaitement réglé, je ne veux pas me laisser enfermer dans un duel avec lui, le prochain coup, ce sera peut-être lui. Il a fait une bonne rentrée, les autres en ont peur. Pour l’instant, c’est notre meilleur atout mais il faut qu’il épouse la famille.» Tout en s’agaçant : «Vous lui cirez les bottes parce que vous avez peur que je revienne !» Beaucoup, parmi ceux qui le connaissent bien, pensent qu’en poussant ainsi Ruffin, il veut en fait l’exposer. A l’automne 2022, face à quelques journalistes, il prévenait d’ailleurs : «Ce sont les maladroits qui partent trop tôt. Les premiers morts, ce seront eux.»
«Mélenchon ne va pas lui faire longtemps des mamours, pronostiquait une députée il y a quelques mois. Ruffin est une alternative crédible, plus jeune. Ça ne peut pas bien finir.» Le leader insoumis se méfie depuis longtemps de cet homme qu’il estime mais reste trop indépendant pour être un lieutenant. Les deux hommes, qui continuent à se voir, jouent encore au chat et à la souris. Mais François Ruffin sait qu’il ne pourra pas éternellement louvoyer. «Il pensait qu’il devrait affronter les lieutenants, finalement, ce sera Mélenchon lui-même, raconte un proche. Il sait qu’il ne lui laissera pas la place sans confrontation.» Avec la fuite du sondage, le camp Ruffin engage le rapport de force.
TL;DR : sondage Cluster 17 pour l’équipe de François Ruffin, réalisé début avril sur 1700 personnes. Deux scénarios d’union de la gauche :
Si Ruffin est candidat :
1. Marine Le Pen
2. François Ruffin à 29%
3. Edouard Philippe
50-50 entre Ruffin et Le Pen au second tour
Si Mélenchon est candidat :
1. Marine Le Pen
2. Edouard Philippe
3. Jean-Luc Mélenchon 18%
Le Pen 65%, Mélenchon 35% au second tour
> «Vous lui cirez les bottes parce que vous avez peur que je revienne !» Beaucoup, parmi ceux qui le connaissent bien, pensent qu’en poussant ainsi Ruffin, il veut en fait l’exposer. A l’automne 2022, face à quelques journalistes, il prévenait d’ailleurs : «Ce sont les maladroits qui partent trop tôt. Les premiers morts, ce seront eux.»
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> «Mélenchon ne va pas lui faire longtemps des mamours, pronostiquait une députée il y a quelques mois. Ruffin est une alternative crédible, plus jeune. Ça ne peut pas bien finir.»
Quelqu’un me rappelle quel wannabe autocrate disait “Faites mieux !” il y a deux ans ?